Adjust RH a fêté ses 10 ans et entre dans sa 11ᵉ année d’exercice.
Pour moi, cette date fait écho à un autre chemin : dix années passées à recruter, à chercher, à comprendre, à sécuriser.
Deux trajectoires qui se rejoignent autour des mêmes convictions :
- – Le sens du service
– L’humilité plutôt que les certitudes toutes faites,
– La posture de conseil comme boussole,
– L’ancrage au territoire comme responsabilité
– et cette envie intacte de continuer à apprendre, à explorer, à créer de nouveaux chemins utiles, pour les organisations comme pour les femmes et les hommes qui les composent.
Après plusieurs années en tant que « Chasseur de tête » et Responsable RH en métropole, aujourd’hui, cette expérience, je la mets au service des entreprises du territoire, avec ses contraintes, ses équilibres fragiles et ses talents, en sachant qu’ici, plus qu’ailleurs, chaque recrutement compte.
À l’occasion de cet anniversaire commun, je souhaitais vous offrir mon « cadeau » : ce que 10 ans de recrutement m’ont appris :
Avec le temps, j’ai appris à regarder autrement. Je me suis rendu compte qu’un parcours peut être irréprochable, qu’un CV peut rassurer, convaincre, presque séduire, et pourtant laisser une impression diffuse, difficile à nommer. C’est souvent à ce moment-là que l’instinct entre en jeu.
Cette voix intérieure, faite d’expérience accumulée, de réflexes presque primitifs, qui alerte doucement et invite à ralentir, à questionner ce qui, en apparence, semble évident. Le recrutement devient alors moins un exercice de sélection qu’un exercice d’écoute. Écoute de ce qui se dit, mais aussi de ce qui ne se dit pas. Derrière les compétences, il y a toujours des motivations plus profondes, parfois mal formulées, parfois mal assumées : le rapport au cadre de travail, à la rémunération, au sens, à la reconnaissance. Ce sont elles qui, dans la durée, font tenir ou céder un engagement, bien plus que la technicité seule.
En avançant, j’ai aussi compris que les personnalités ne sont jamais linéaires. L’être humain est fait de contrastes, de tensions internes, de contradictions parfois fortes. J’ai rencontré des profils à la fois brillants et fragiles, engagés et hésitants, ambitieux et en quête de sécurité…
Le rôle du recruteur n’est pas de chercher une cohérence parfaite, mais de faire preuve de tempérance, d’accepter ces nuances et de les mettre en regard d’un environnement donné. Et l’environnement, justement, pèse lourd. J’ai souvent constaté que l’on peut être la bonne personne au mauvais endroit, sans que cela n’enlève quoi que ce soit à la valeur d’un parcours.
Le contexte professionnel, la vie personnelle, la phase de vie influencent profondément la capacité d’un talent à s’inscrire durablement dans une organisation. À La Réunion, où les équilibres sont plus visibles et les réseaux plus proches, cette réalité ne peut être ignorée.
C’est pourquoi retenir les talents ne peut plus reposer uniquement sur une promesse ou un intitulé de poste. Les managers et les dirigeants ont aujourd’hui la responsabilité de créer des conditions de confiance, de clarté et de plaisir au travail. Sans ces fondations, même les profils les plus solides finissent par se désengager, généralement en silence.
Enfin, dix ans de recrutement m’ont appris qu’il n’est pas toujours nécessaire de chercher loin. Les talents sont parfois déjà là, au cœur des équipes, prêts à évoluer, à se réinventer, à s’engager autrement. La mobilité interne reste trop souvent perçue comme un risque, alors qu’elle peut devenir un levier puissant de fidélisation et de cohérence.
Recruter, au fond, c’est accepter cette complexité, faire dialoguer méthode et intuition, et comprendre qu’un recrutement juste n’est pas celui qui rassure immédiatement, mais celui qui tient dans le temps, au service des organisations et du territoire.
